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Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'on ne s'est pas ennuyé à l'ouverture de la saison cycliste sur route 2026 à Bech, en ce week-end de fin de mars. Les journées étaient radicalement différentes entre le samedi et le dimanche, avec par exemple des conditions météorologiques oscillant entre neige, pluie et vent le premier jour et un soleil presque printanier le second. Les circuits aussi avec le tradionnel parcours du dimanche et ses routes larges et ouvertes, comparé à une nouvelle boucle le samedi, tournant de gauche à droite sur les petits chemins à travers le paysage valloné autour de Bech. Le scénario était également différent, chez les élites et espoirs, entre une course de mouvement le samedi et une course plutôt d'attente des favoris le lendemain, avec un revirement de fin de course. Le vainqueur, cependant, restait le même: après plusieurs place d'honneur, Arno Wallenborn a enfin ouvert son compteur en remportant à la fois le Grand-prix François Faber du samedi, en solitaire, et le Grand-prix OST-Fenster du dimanche, au sprint en petit comité. A retenir également sur ce week-end le long raid solitaire de Lorenzo Astolfi, vainqueur en surclassement chez les débutants, les très belles prestations des filles Liv Wenzel et Liz Bastian parmi les garçons et les victoires de Jonas Vermiert, Moritz Knudsen et Alessio Ghirelli dans les autres catégories.
C'est donc par une météo particulièrement exécrable que la 102ème édition du Grand-prix François Faber a pris son envol. Après l'épisode neigeuse du matin et une petite accalmie autour de midi, le temps de finaliser le montage des installations, la pluie s'était invitée pile pour le départ de la course, très ponctuelle sur le coup des 14 heures. Sur les 70 inscrits, seule une grosse cinquantaine de partants a bravé les températures proches des zéro degrés et ils n'ont effectué qu'un petit tour de chauffe avant de passer aux choses sérieuses. Dès la deuxième boucle, le Suisse Eric Weckerle s'est installé seul en tête, avec une quarantaine de secondes d'avance sur un peloton ou son coéquipier de favori Charel Meyers était installé bien au chaud, façon de parler évidemment. La pluie avait cessé pendant le troisième tour, c'est toujours ça de pris, alors que l'avance du leader solitaire a atteint un maximum de 50 secondes, avant d'amorcer son déclin: 35 secondes au kilomètre 35, puis 20" seulement au kilomètre 40. Le coureur du VCU Schwenheim s'est finalement fait reprendre au cours de la cinquième boucle, quand Hugo Da Silva Bertao et Jonah Flammang-Lies sont passés à l'attaque, avec la même issue fatale que pour le Suisse: regroupement général du peloton, ou de ce qu'il en restait, peu avant la mi-course. Mais pas pour longtemps ...
Un groupe de cinq est parti à l'offensive avec Arno Wallenborn, Frederic Hay, Sven Joosten, Yannis Lang et Eric Weckerle, encore lui, et a rapidement pris 25, puis 30 secondes d'avance. Mais sous les coups d'accélération du favori Wallenborn le group s'est scindé en deux, puis en trois. Le coureur de Lotte Kern-Haus s'est ainsi retrouvé seul devant avec Weckerle et Hay à 25 secondes et l'avant-garde du peloton à 55". Mais celui-ci n'avait pas encore dit son dernier mot et s'est employé à réduire le retard: à une quarantaine de kilomètres du but, tout était à refaire. Hugo Da Silva Bertao et Bruno Lopes Fernandes ont momentanément occupé le devant de la scène devant Sven Joosten, Frederic Hay et Oscar Franssen, avant que le peloton ne se reforme à nouveau, sous la pluie qui était réapparue de plus belle. A cours de la septième boucle, les deux favoris de la course, Arno Wallenborn et Charel Meyers, ont fait cause commune et se sont échappés ensemble, avec bientôt 31 secondes d'avance sur un groupe de poursuivants composé d'Oscar Franssen, Jean-Nicolas Sindt, Philippe Schmit, Giovanni Lauren, Yannis Lang, Eric Weckerle et Frederic Hay. Sven Joosten, Thijs Wilhem König, et Janet Aliesch ont réussi à faire la jonction avec ce groupe un peu plus tard, mais la messe était dite: 46 " d'avance pour les deux fuyards sur le premier groupe de poursuivants à 20 kilomètres de la fin et 1'49" d'avantage sur le peloton des battus. Philippe Schmit a bien tenté l'impossible et s'est lancé dans un impressionnant raid solitaire, se rapprochant jusqu'à 23 secondes des deux leaders au son de la cloche, mais rien n'y fit. Dans les ultimes hectomètres, Arno Wallenborn a réussi à se départager de Charel Meyers pour s'imposer en solitaire dans le Grand-prix François Faber, 7 secondes devant celui qui était déjà deuxième à Bech en 2025 et en 2023. Philippe Schmit a réussi à accrocher le podium à 1 minute et 22 secondes, tandis que Sven Joosten a remporté le sprint du premier groupe de poursuivants une minute supplémentaire plus tard devant Weckerle, Hay et Thijs Wilhelm König, le Néerlandais du SAF Zéisseng qui s'est ainsi classé premier junior de la course. Le prochain groupe avec le meilleur master Matthias Petry a franchi la ligne à plus de 6 minutes du vainqueur, alors que 22 coureurs seulement ont terminé la course.
Soulagement le dimanche matin: la grisaille avait cédé sa place et le soleil matinal parvenait très timidement à rechauffer les quelques 50 praticipants du 2ème Grand-prix Marc Gengler, du nom de notre trésorier de longue date qui nous a quitté en 2025. Chez les minimes, un coureur s'est avéré dominant: après deux tours relativement calmes, Moritz Knudsen est parti à l'offenive et il s'est octroyé une quinzaine de secondes d'avance sur une dizaine de coureurs, parmi-eux pas moins de 4 de ses coéquipiers (Marson, Muller, Wolter et Bastian) ainsi que les deux filles Lili Beck et Liz Bastian. Malgré la supériorité numérique des Schifflangeois, le regroupement s'est opéré à la fin du troisième tour. Mais Knudsen est reparti de plus belle et cette fois-ci, le peloton a explosé et seulement deux poursuivants sont restés au contact, Mathis Pirsch et la meilleure fille de la troupe, Liz Bastian. Au terme des 23 kilomètres de course, Moritz Knudsen l'a emporté avec 15 secondes d'avance sur la fantastique Liz Bastian, plus rapide au sprint que Mathis Pirsch de l'UC Dippach. Timeo Pierron a terminé quatrième à une minute, devant une autre fille auteure d'une superbe prestation parmi les garçons, Lili Beck.
Tout comme chez les plus jeunes, le peloton des cadets est également resté groupé pendant plus de trois tours, avant de se disloquer au cours de la cinquième boucle du nouveau parcours écourté, mais pas moins difficile à cause de la répétition des efforts. 6 coureurs se sont retrouvés à l'avant, avec une trentaine de secondes d'avance sur un groupe de poursuivants, également au nombre de six. Mais Strotz, Jonkheere, Schares, Lamberty, Goetzinger et Ghirelli ont continué à creuser l'écart sur Felicetti, Philippe, Mreches, Da Silva Bertao, Hübsch et Méan, sans pour autant pouvoir se départager entre eux. Alessio Ghirelli, déjà vainqueur chez les minimes en 2024, s'est imposé au sprint devant Jarno Goetzinger, Jules Lamberty, Philippe Schares, Timeo Jonckheere et Yann Strotz dans cet ordre. Une minute plus tard, Adrien Felicetti a réglé se sprint pour la sixième place devant ses cinq compagnons de route. Une seule fille était au départ, la jeune Julie Kreins qui a réussi à s'octroyer la 17ème place à l'arrivée d'une course somme toute assez éprouvante.
Dans la course des débutants et des dames, un garçon et une fille étaient au-dessus de leur lot respectif. Lorenzo Astolfi a dominé les choses de bout en bout, en prenant la tête dès le premier des 6 tours. Dans un premier temps ensemble avec le Français Enzo Reinsbach, le coureur de l'UC Dippach a couvert les quinze derniers kilomètres tout seul, à la moyenne de 39,4 (!) km/h pour les 55 km. A la fin du périple, celui qui n'est pourtant qu'en première année de la catégorie a clôturé en beauté avec deux minutes d'avance (!) sur le Français. Dès la fin de la deuxième boucle, Reinsbach et Astolfi avaient déjà établi un écart avoisinnant la minute sur un petit peloton de onze coureurs, comprenant les trois filles Liv Wenzel, June Nothum et Elena Lopes, pas moins de quatre coureurs du SAF Zéisseng (Ben Schmitt, Paul Moog, Fabien Hosinger, Thomas Friederich) ainsi que deux représentants de l'UC Dippach (Bjarne Bauer et Noé Garcia Pinnel), un du CT Atertdaul (Leo Marc Lanners) et un du Roussy Bike Club (Alexandre Bircker). Astolfi et Reinsbach ont continué à creuser l'écart, alors que le groupe de poursuite a explosé: seuls Schmitt, Bauer, Moog et Garcia Pinnel sont restés en lice pour la dernière manche du podium. Avec plus de cinq minutes de retard sur le tonitruant vainqueur, ils se sont d'ailleurs disputé cette place au sprint, Noé Garcia Pinnel complétant le tiercé gagnant. Liv Wenzel était largement la plus costaude chez les filles puisqu'elle a réussi à accrocher le deuxième groupe de poursuivants des garçons pour terminer 8ème de la course, avec plus de deux minutes d'avance sur ses cadettes Elena Lopes et June Nothum, pourtant pas loins au classement scratch. Superbe prestation également de Sarah König dans la catégorie la plus jeune: à 16 ans, la meilleure débutante a terminé dans la première moitié des concurrents toutes catégories confondues et 4ème du classement scratch des filles.
Près de quatre-vingt coureurs ont pris le départ du 38ème Grand-prix OST-Fenster, mais divisés en deux catégories avec deux classements distincs: les juniors et masters étaient majoritaires par rapport aux élites et espoirs et n'ont pas hésité à prendre part aux offensives. Après une première tentative avortée par trois coureurs, c'est en effet le junior Ben König qui est parti à l'attaque avec l'espoir Lennox Papi. Peu après, Dave Chicci a tené sa chance en solitaire, mais il a également été repris après quelques kilomètres. Avec Loris Morbé, un troisième junior a pris le parti offensif dans le quatrième tour, accompagné des élites Flavien Arnould et Giovanni Laurent. Cette fois, c'était déjà un peu plus sérieux puisque les trois coureurs ont réussi à s'octroyer une bonne trentaine de secondes d'avance et ils ont tenu tête au peloton pendant une vingtaine de kilomètres, avant un regroupement presque général d'une quarantaine de coureurs. Après huit tours ou 75 kilomètres, les juniors et masters se sont donc disputé les lauriers au sprint avec une victoire du Belge Jonas Vermiert devant Loïc Gouveia et Loris Morbé, Oliver Paderhuber terminant premier master à 6 secondes.
Il restait encore quatre tours à parcourir pour les coureurs élites et espoirs, et ils étaient encore une bonne vingtaine en lice pour la victoire, à ce moment de la course. Jonah Flammang-Lies est parti à 'attaque avec Flavien Arnould et les deux coureurs ont obtenu jusqu'à une minute d'avance sur un peloton qui n'a pourtant pas abdiqué. A un peu plus que deux tours de la fin, l'écart etait revenu en dessous des vingt secondes, si bien que Tom Thill et Charel Meyers ont tenté le contre. Mais, à une vingtaine de kilomètres du but, le regroupement s'est opéré à nouveau. Après une petit accalmie, Tom Thill est reparti de plus belle, cette fois accompagné d'Arnaud Noirhomme, d'Arno Wallenborn et de l'inévitable Eric Weckerle, déjà beaucoup à l'offensive la veille. Ce quatuor de favoris, étonnament calme jusque-là, avait une vingtaine de secondes d'avance au son de la cloche. Dans la denière montée vers Berbourg, Tom Thill s'est retrouvé en difficulté, mais il a réussi à revenir un peu plus loin, au gré des tergiversations tactiques de ses compagnons de route. Les quatre coureurs se sont finalement disputé la victoire au sprint avec un mince succès d'Arno Wallenborn, de justesse devant Noirhomme et Weckerle. Sven Joosten a réglé le sprint du premier peloton pour la cinquième place, devenant ainsi le meilleur espoir de la course devant Alex Kerrens.
14 coureurs figuraient dans le classement lors des deux jours de course et entraient donc en lice pour le Prix du Cinquantenaire, sorte de classement général par points récompensant la régularité à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'ACC Contern. Chez les élites et espoirs, la victoire d'Arno Wallenborn était indiscutable puisqu'il s'est imposé avec le minimum de points possibles, grâce à ses deux victoires. Avec deux Top 5 lors des deux courses, Eric Weckerle et Sven Joosten se sont partagés les deux autres places du podium, le Suisse l'emportant d'un point par rapport au Néerlandais pour la deuxième place. Chez les juniors, il fallait d'avantage sortir la calculette. Grâce surtout à une belle quinzième place au classement scratch lors du Grand-prix François Faber, Dawson Fehlen Pereira s'est imposé avec un petit point d'avance sur le meilleur masters des deux jours, l'Allemand Matthias Petry. Thibaut Hansen, plus régulier que Thijs Wilhelm König, a terminé troisième du classement malgré la belle prestation de son coéquipier lors du GP François Faber.
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